L’art d’aimer de Smelo
Looking for Love – Smelo
Ce 14 Février, journée mondiale de l’amour en ce qui est la saint valentin, l’artiste pluri-disciplinaire SMELO s’est offert à nous. L’artiste faisait le vernissage de son exposition « Looking For Love », exposition éponyme à son album sorti un an plus tôt qu’il fédérait de manière unique. L’objectif de cette exposition tient en un seul mot pour l’artiste ; Immerger.
Immerger le public dans sa musique, immerger le public dans son univers, immerger le public dans son imagerie, immerger le public dans son message… Il réside dans cette exposition un amour sincère pour l’art qui y réside, une volonté de susciter l’amour du public pour ce qui est présenté et pour le message communiqué, une volonté de montrer de l’amour au public en lui donnant une véritable variété dans ce qui lui est offert.
Pour faire simple, c’est une exposition immersive sur l’amour. Parlons-en.
Cinq sens, Six expositions
Smelo n’est pas un artiste pluridisciplinaire de nom seulement. Il ne s’est pas contenté de produire et d’attendre de voir ce qui en serait fait. L’artiste a une vision forte : il sait ce qu’il projette, à qui il veut le présenter, et comment guider son public à travers son monde. C’est dans cet esprit qu’il n’a pas seulement pensé cette exposition, il l’a forgée.
Une expérience qui accompagne le public visuellement, par l’audio, au toucher, par la parole, par la mémoire, par la technologie, et jusque dans l’univers du cinéma.
Ce n’est pas là une petite ambition. C’est un aperçu de ce qui, pour certains, constituerait un projet de vie, mais qui pour lui n’est qu’un pas dans une carrière qui s’annonce comme un tournant. L’art pour l’art, l’amour pour l’amour. Love2Love.
Le Visuel
L’exposition compte 10 tableaux ; 1 qui présente la pochette de l’album dans un environnement unique qui le complète, et 9 autres, chacun représentant un morceau dudit album, par un message abstrait suscitant questionnement et périple exploratoire. Ce qui est un euphémisme, étant donné que le message est contenu dans les paroles et le rythme, à tel point que les images ne sont qu’indicatives, à peine explicatives, de ce que l’artiste veut exprimer à travers son talent.
L’Atmosphère
Nous sommes invités au village. Dès l’entrée dans l’espace, quelque chose se pose. L’air change, le rythme ralentit, et l’on comprend qu’on ne visite pas une exposition, on y est reçu. Smelo a pensé chaque détail comme on prépare un foyer pour ses proches : la chaleur est là, l’intention aussi. Autant de rappels que l’amour dont il est question ici n’est pas celui des cartes postales. Et c’est peut-être ça, le geste le plus fort de cette exposition : rappeler que l’art, comme l’amour, se vit de près.
L’Expérience
De la musique, des tableaux, une mise en scène, … C’est tellement de choses, mais au-dessus de ça, des expériences musicales et immersives ? Smelo ne fait aucun compromis lorsqu’il s’agit d’offrir une expérience complète autour de son album. Du spectacle sobre introduisant l’album dans un noir complet éclairé par une seule torche au tourbillon sensoriel d’un soir au coin du feu sur des nattes à admirer la prestation de l’artiste … Chaque articulation de cette exposition est un voyage vers des destinations connues mais pas évidentes.
La Lecture
Le message n’est pas subtil, mais des biais peuvent le flouter aux premiers abords. Qu’imaginez-vous lorsque vous lisez « Looking for Love » ? Une romance éperdue ? On pourrait dire cela, mais pas pour le premier venu. Smelo a déjà abordé dans sa musique des morceaux comme « Ma ding wa », mais ses thèmes ont toujours été sociétaux et donc forcément son amour y est tourné. « Looking for love » est un album qui nous tire du particulier et nous place devant le général. Le plus grand amour est celui d’une société unie, et c’est ce que Smelo nous invite à rechercher par tous les moyens possibles.
La Conversation
Communément, une exposition est une partie de l’artiste, un fragment de son être qu’il tend à un public. Smelo n’est pas un simple artiste. Il a fait de son exposition une extension de son être à travers lequel il peut parler au plus grand monde. Présent à son exposition et animant des activités autour, il est partie intégrante de son exposition. Créateur et guide il trace des sentiers qui bien que larges of offrant une immense liberté de découverte et d’exploration pour son public, à tout moment ceux-ci peuvent se tourner vers l’artiste et s’édifier sur ses inspirations, ses forces, ses perspectives, etc… Mais rassurez-vous il ne s’impose pas, il s’expose.
Le Cinéma
Là où les mots ne suffisent pas, souvent nous utilisons des images, alors qu’en est-il lorsque nous combinons les deux ? Nous ne sculptons pas juste alors une silhouette à notre propos, nous lui donnons une vie claire aux yeux de tous. Réaliser pour cette exposition un film abstrait c’est déjà fort, mais pour ce film sur l’amour pour ses origines, inclure sa terre natale, son père et sa mère, le tout l’embrassant lui, son art et son propos… Difficile de se dénuder plus pour son public.
Looking for Love n’est pas une exposition qu’on voit. C’est une exposition qu’on traverse — et dont on ressort, si l’on s’y est laissé aller, avec quelque chose de légèrement déplacé en soi.
Smelo a réussi quelque chose de rare : faire d’un album un monde habitable. Un monde où la musique a des murs, où les tableaux ont un son, où le cinéma a un visage familier, où l’artiste lui-même est une porte ouverte. À une époque où l’on consomme plus qu’on ne ressent, il a choisi l’inverse — offrir plus qu’on ne demande, et faire confiance au public pour le recevoir.
L’art pour l’art, l’amour pour l’amour. Il ne cherche pas l’amour depuis ce 14 février. Il le donne.