Lieu et Horaires

Avenue Germaine, Yaoundé V, Cameroun

Lun-Ven : 8H - 18H

Sam : 15H - 23H

Activité Exposition Projet Atelier Espaces
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LOOKING FOR LOVE : Quand la musique devient territoire

Retour sur le vernissage de l’exposition « LOOKING FOR LOVE – Exhibition » au Cabinet de Sciençage

Yaoundé, le 14 février 2026 – Il y a des soirs où l’on pressent, dès les premiers instants, que l’on va vivre quelque chose d’inédit. Ce samedi-là, au Cabinet de Sciençage, le public était convié à une expérience dont il ne mesurait pas encore pleinement la portée : le vernissage de « LOOKING FOR LOVE – Exhibition », l’installation audio-immersive conçue autour de l’album LOOKING FOR LOVE de l’artiste pluridisciplinaire SMELO.

UNE PREMIÈRE POUR YAOUNDÉ

Au Cameroun, on a vu des expositions. On a vu des concerts. On a vu des performances. Mais avait-on déjà vu un album de musique transformé en territoire à parcourir ? Avait-on déjà vu une œuvre sonore devenir matière à explorer avec les yeux, la langue, le corps tout entier, et pas seulement les oreilles ?

C’est le pari, audacieux et magnifiquement tenu, qu’ont relevé SMELO et le Cabinet de Sciençage en amplifiant ce projet unique en son genre. Car LOOKING FOR LOVE n’est pas qu’un disque : c’est une cartographie émotionnelle, un voyage intime tissé de contes hérités, de rythmes charnels et d’une quête universelle de l’amour. Pour l’habiter pleinement, il fallait lui créer un espace à sa mesure. Une architecture de sons, de terre et de lumière.

Le Cabinet de Sciençage, lieu résolument tourné vers l’expérimentation artistique, a immédiatement saisi la singularité de cette proposition. Accueillir « LOOKING FOR LOVE », c’était ouvrir ses portes à une forme d’art totale, hybride, où les frontières entre exposition, performance et installation sonore s’effacent pour laisser place à une immersion sensorielle inédite.

UN ACCUEIL AU SEUIL DU VOYAGE

Dès l’arrivée des premiers invités, l’ambiance était donnée. Dans la cour du Cabinet, un deuxième « Arbre à Voix » – installation participative – déployait ses racines rouges. Des sièges y étaient disposés, et une playlist urbaine camerounaise enveloppait les visiteurs, les plongeant d’emblée dans l’univers musical de l’exposition tout en les ancrant dans cette terre, cette culture, cet amour des origines qui traversent l’œuvre de SMELO.

La vingtaine de privilégiés présents ce soir-là – amis, curieux, amateurs d’art, professionnels – ont ainsi été progressivement préparés au voyage qui les attendait. Sans le savoir encore, ils franchissaient le seuil d’une expérience dont ils se souviendraient.

L’ENTRÉE DANS LE SANCTUAIRE

Puis vint le moment tant attendu. Guidés vers la salle d’exposition plongée dans le noir, les visiteurs ont découvert un tableau saisissant.

Au centre de l’espace, une motte de terre – imposante, organique, presque sacrée. Enfoncés dans cette terre, des socles blancs. Et sur ces socles, comme un cœur battant, le performeur AREM, assis en tailleur, tenait un écran dans ses bras tel un vestige précieux. Deux enceintes, elles aussi enfoncées dans la terre, semblaient respirer avec lui.

Le silence était absolu. Le public, subjugué, retenait son souffle.

Puis le mini-film LOOKING FOR LOVE, tourné à Kribi l’année précédente, a commencé à défiler sur l’écran. Pendant de longues minutes, les images ont dialogué avec le noir de la salle, tandis que le performeur restait immobile, offrant son corps comme un présent à la projection. La terre, l’écran, l’homme : trois éléments en résonance, trois présences qui annonçaient déjà la nature de l’expérience à venir.

LE RITUEL D’ACTIVATION

Lorsque le film s’est achevé, il s’est levé. Il a posé l’écran, puis a plongé ses mains dans la terre, fouillant le sol comme un esprit en quête d’un trésor enfoui. Ce qu’il en a extrait ? Une simple lampe-torche. Mais cette torche, dans ses mains, est devenue le prolongement de sa quête : « Looking for Love » – chercher l’amour.

Alors a commencé une performance d’une intensité rare. Le performeur a parcouru l’espace, sa lampe fouillant le sol, effleurant parfois les pieds des visiteurs, comme s’il cherchait une présence invisible. À chaque « découverte », à chaque fois que sa lumière éclairait un tableau, la musique du titre correspondant s’élevait dans l’espace, et SMELO, de sa voix posée, introduisait l’œuvre, en dévoilait une facette, en livrait une clé.

Ainsi, tour à tour, les neuf titres de l’album ont été activés : Once Upon a Time, Ebandolo, Love2Love, Wata Don Finish, Family Mata, Zambe, Ma ke ma yone, My Brother, et enfin Looking for Love. Parfois proche du public, parfois lointain, il a tissé un récit commun, une narration partagée, avant de terminer son périple dans la RED ZONE – cet espace rouge où les produits dérivés, suspendus, semblaient flotter dans un écrin de terre et de lumière.

Pendant 45 minutes, personne n’a bougé. Personne n’a parlé. Le silence était peuplé de présences, de sons, d’images mentales que chacun, dans l’intimité de sa propre écoute, commençait déjà à construire.

L’APRÈS : L’IMMERSION LIBRE

Puis vint le basculement. La lumière blanche a inondé l’espace, signalant le passage à la seconde phase de l’expérience : l’appropriation personnelle.

Après une séance de questions-réponses, les visiteurs ont pu déambuler librement, revenir vers les tableaux, s’attarder devant ceux qui les avaient touchés. À côté de chaque œuvre, un petit téléphone – ce qu’on appelle affectueusement ici un « tchoronko » – pendait, relié à des écouteurs. Chacun pouvait ainsi, en toute intimité, réécouter le titre de son choix, se replonger dans son univers, fermer les yeux et laisser la musique dessiner en lui ses propres paysages.

Les stations d’écoute ont été investies avec une ferveur silencieuse. Certains visitaient, d’autres s’asseyaient, d’autres encore fermaient les yeux, bercés par les mélodies. L’« Arbre à Voix » a recueilli les premiers témoignages : des impressions, des émotions, des mots jetés dans le micro comme on confie un secret à un ami. Certains, déjà, ont chanté.

LA TERRE, LE GOÛT, L’AMOUR

Car l’expérience ne s’arrêtait pas à l’écoute. LOOKING FOR LOVE proposait aux visiteurs des plateaux d’apéritifs traditionnels camerounais : koki, mintoumba, beignets de maïs, mets de pistache, bâtons de manioc, chips de plantain, avocats, prunes. Deux hôtesses offraient ces trésors gustatifs, servis avec des jus de gingembre et de bissap.

Là encore, l’ancrage était le même : la terre, la culture, l’amour de ses racines, prolongé par le goût, par les saveurs, par ce lien intime et charnel qui unit un peuple à sa nourriture. Les visiteurs ont découvert, savouré, partagé. Les compliments ont fusé. Beaucoup ont exprimé le souhait de retrouver ces délices lors des prochains événements.

DES RETOURS QUI DISENT TOUT

« Je n’avais jamais vu un album exposé de cette façon. » 

« C’est une expérience unique, je n’ai jamais vécu ça. » 

« Cela donne tellement envie d’être au spectacle du 28 février. »

Ces mots, recueillis tout au long de la soirée, résument à eux seuls la réussite de ce vernissage. Le public, conquis, a longuement échangé avec SMELO qui a prolongé la magie. Certains en ont profité pour réserver d’ores et déjà leurs places pour le spectacle LOOKING FOR LOVE – Live Experience, prévu le 28 février.

Car oui, cette exposition n’etait qu’un premier mouvement. Une antichambre sensible, un laboratoire d’émotions où chacun construit sa propre interprétation de l’album. Le 28 février, cette matière intime a rencontrer l’interprétation collective et incarnée du spectacle vivant. Une promesse immense.

L’ART COMME ARCHIPEL

En repartant, ce soir du 14 février, les visiteurs emportaient avec eux bien plus que des images. Ils emportaient une expérience totale, une plongée dans l’univers d’un artiste qui ne conçoit pas la création autrement que comme un archipel : chaque discipline est une île, toutes reliées par le même courant – celui d’une quête permanente de formes nouvelles pour dire l’émotion vraie.

SMELO, l’enfant de Massy aux racines camerounaises, l’ancien dessinateur de mangas devenu griot des temps modernes, a prouvé ce soir-là que son art ne connaît pas de frontières.

Et le Cabinet de Sciençage, fidèle à sa mission, a offert un écrin à la mesure de cette ambition : un lieu où l’art, enfin, se vit avec tous ses sens.

Article rédigé par AREM.

Directeur Artistique et Responsable de la Programmation du Cabinet de Sciençage.

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